Lundi 12 janvier 2009

          Rook retourne. Allonge. Crève. Vide. Déshabille caresse et creuse. En toute grâce et mélancolique authenticité, Rook vous épluche pour se laisser contempler. Le petit matin vous leurre comme une mer d’huile, l’eau dort sur les toits, au ciel lisse l’invisible menace pèse. Quelques minutes grapillées au silence ne tarderont pas à s’éparpiller soudain fouettées par douze vents contraires. L’immobile est vicié, le décor dépouillé, la conscience mise à nue posée à plat sur la pierre. La lumière fragile coule sur son corps blanc et un tremblement interminablement traverse la matière – à pas feutrés la mélancolie marche sur le monde et les gonds du jour n’en finissent pas de gémir dans son souffle. C’est une vaste entrée en matière, une leçon de choses désapprises, un pincement d’univers éthéré au cœur et le lent lever de rideau des paupières. Qu’y a-t-il à voir ? Qu’y a-t-il à palper sinon l’émotion d’une âme qui se découvre en elle-même à mesure que les limbes des terres progressent… On croit capter l’insaisissable quand le vertige nous enlise. La trouble beauté de notre nudité fascine. Sa solitude, ses frissons, on s’en imprègne et tout chancèle. Tout baigne dans ce vide qu’un son ample érotise.

 

 

 

Son intensité tranquillement foudroie, sa voix dramatise, son électricité tutoie la harpe et le banjo. Sa patiente déliquescence détricote un à un les nœuds de vos nerfs et les jette aux oiseaux – vu la pochette, ils doivent avoir faim. C'est beau comme un disque brut et pourtant sophistiqué, qu'on écoute avec le même sentiment du sublime mois après mois, année après année.


 
Par Mr. Oyster - Publié dans : Folk - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés